Une cohabitation difficile mais possible

Conflit humain-éléphant Sri Lanka

Les conflits humains-éléphants

Depuis quelques décennies, du fait de notre accroissement démographique et de la protection des éléphants qui sont menacés de disparition, la coexistence entre humains et éléphants devient très difficile. Nous qualifions désormais de conflits humains-éléphants ces difficultés. Chaque année, ce sont plusieurs centaines d'humains et d'éléphants qui perdent la vie dans ce conflit, en Asie comme en Afrique. Une étude récente, menée en 2011 au Sri-Lanka, estime que 250 éléphants et 50 humains en sont victimes annuellement.

destruction grenier Zambie

Une problématique très complexe

Concrètement, les conflits humains-éléphants sont le plus souvent des dégâts dans les cultures, causés par les éléphants, qui voient leur habitat naturel transformé en champs cultivés. Parfois, les éléphants entrent même dans les villages et détruisent les greniers pour y trouver de la nourriture. Les agriculteurs, en voulant protéger leurs récoltes, peuvent être tués lors de ces confrontations. Par vengeance, les éléphants sont alors mis à mort par piégeage, empoisonnement ou abattage au fusil. Pour les éléphants, il s'agit d'un problème de survie. Là où ils trouvaient leur nourriture naturelle et leurs voies de migration, ils trouvent à présent des champs et des villages. Pour les agriculteurs, il s'agit d'un danger perpétuel et un risque de perdre leurs récoltes, ce qui les maintient dans la pauvreté. Pour nos sociétés, c'est un enjeu de solidarité car il s'agit d'aider les agriculteurs victimes de ces conflits tout en permettant la conservation des éléphants.

Manuel AfESG

Des solutions possibles mais délicates

Les solutions aux conflits humains-éléphants sont multiples mais souvent délicates à mettre en oeuvre, car elles concernent de vastes territoires et un grand nombre de personnes. Les solutions à long terme passent par un aménagement de l'espace, laissant suffisamment d'habitat naturel pour les éléphants et leur permettant de migrer, tout en répondant aux multiples besoins des populations humaines. Pour les agriculteurs les plus exposés, il est aussi nécessaire de protéger leurs cultures et de les compenser financièrement en cas de dégât. Si les conflits persistent, il est nécessaire de leur proposer des activités alternatives et rentables. Valoriser les éléphants et la nature dans le cadre d'un tourisme responsable fait partie de ces activités alternatives, à condition que les personnes victimes des conflits humains-éléphants en soient les principaux bénéficiaires. Aujourd'hui, dans de nombreuses régions, les moyens manquent pour mettre en oeuvre ces solutions.


Références :

  1. peopleandwildlife.org.uk
  2. awely.org
  3. african-elephant.org/hec/indexfr.html
  4. fao.org
  5. wildlife-conservation.org

Crédits illustrations :

  1. Source Web
  2. Source Web
  3. Osborn, Hoare et al.